Rassemblement des Zamis – épisode IV

zamis 2016-1Rassemblement des quoi ? Des Zamis, oui.
Je ne sais même plus d’où vient ce « zamis », et peu importe en fait.
Je vous fais un copié/collé de l’intro de l’article de l’an dernier, parce que je suis fainéant, mais aussi parce que je le trouve parfait (en matière de flatteries, on n’est jamais aussi bien servi que par soi même !).

Pour faire simple, des gus se sont rencontrés sur un gros forum de vélo, sur un topic dédié à une marque de semi-rigides en acier. Puis, ils s’en sont plus ou moins totalement désolidarisés pour se retrouver régulièrement « en vrai ».
Mais pour garder contact, un petit forum privé est né. Parce que les zozos en question sont éparpillés aux quatre coins du pays, façon puzzle comme dirait l’autre. De Thionville à Montpellier, de Nantes à Hyères, en passant par Vichy et j’en passe.
L’année dernière, c’était en Limousin, cette année, c’est en Ardèche que la messe a eu lieu. Messe, parce que le pain et le vin sont toujours présents à l’heure de la communion autour du Saint vélo de montagne. Bref, en Ardèche disais-je, plus précisément aux alentours de Privas.
J’aime tout dans ce département : ses habitants, sa topographie, sa météo, sa gastronomie, ses animaux, … Je n’y ai vécu « que » 12 ans, et j’y retournerais un jour si c’est possible.

Mais je dois commencer par un regret, une déception. Celle de n’avoir pu partager ces moments avec Marc, Alban, et Arthur. Vivement…

Pour ces retrouvailles annuelles, le plus simple, le plus authentique, le plus Ardèche approved, c’est le camping. Le vrai, l’entassage dans des boites en plastique, ça compte pour du beurre.
Quand Guillaume, l’organisateur de l’année a évoqué l’Ardèche pour l’édition 2016, j’ai tout de suite pensé à mes amis écolos (des vrais gens, avec une éthique en béton, et tout et tout…). Parce que franchement, la situation du camping de Privas ne fait pas briller les yeux (juste sous la route), alors qu’il y a des endroits splendides tout autour.
Et justement, chez mes amis, c’est splendide, superbe, incroyable, merveilleux, … Non non, je n’exagère pas, d’ailleurs, jugez en par vous même.

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La Vernatelle, Ardèche.

Et là, je vous sens quelque peu exaspérés ; voilà 29 lignes de blablas sans une once de vtt. Halte là, du vélo, et que ça saute !
Bien, ne tirez plus, halte au feu, j’y viens…
Arrivés le jeudi pour quatre jours (dont trois de vtt), nous délaissons tous illico nos véhicules à moteur. Tous ? Non ! Un irréductible se cache parmi nous et résiste encore et toujours au VTT à pédales. Eh oui, signe des temps, Xavier est venu avec son VTT nucléaire.
Nous partons directement de chez Guillaume et Maude, pour un tour de chauffe que je connais plutôt bien, c’est autour de la maison (l’ancienne, vous m’aurez compris). Mais d’abord, restauration rapide.

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Encas sur le pouce, face aux contreforts du plateau du Coiron…

... check up rapide...

… check up rapide…

... rencontres avec les locaux...

… rencontres avec les locaux…

... et roulage, avec Jeanne à l'ouverture pour les premières centaines de mètres.

… et roulage, avec Jeanne à l’ouverture pour les premières centaines de mètres.

Un tour de chauffe ? Un tour de surchauffe oui !!! Mais comment ai-je pu l’oublier ? L’Ardèche, c’est raide, très raide. Peu de long dénivelé cependant, puisqu’au plus bas, on est à environ 240 m pour des sommets immédiats à 500 m.
Mais c’est beau et bucolique, alors c’est parfait comme entrée en matière.

Courte portion tranquille en direction du château de Rochessauve.

Courte portion tranquille en direction du château de Rochessauve.

L’Ardèche, c’est plein de cailloux aussi. Alors entre les montées sèches et les courtes descentes brasse bonhomme, les pauses blablas sont légions, histoire de se refaire la cerise mine de rien. Et c’est bien, ça permet de se retrouver, de se découvrir aussi.

Guillaume, notre hôte, juste là où il faut, hors trace !

Guillaume, notre hôte, juste là où il faut, hors trace !

Cette première virée de prise de contact avec la terre Ardéchoise aura laissé des traces sur les organismes, surtout que certains viennent de loin (Limoges, Thionville, …). Mais même claqué, comme d’habitude, on oublie tout dès que ça descend.

Tom, rincé, mais encore en train de jouer.

Tom, rincé, mais en bon garnement, toujours en train de jouer.

De retour sur nos terres d’adoption, l’heure est à la récupération. La lumière du soir en profite pour nous titiller la rétine, c’est beau.

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Posés, le cul au frais dans l’herbe tendre…

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… face aux falaises de basalte éclairées par la belle lumière d’une première journée finissante.

Demain, nous nous déplacerons vers Aubenas, de l’autre côté du col de l’Escrinet, frontière climatique naturelle juchée à 795 m d’altitude. Mais là, dodo…

Nuit paisible assurée.

Nuit paisible assurée.

 

Au matin du deuxième jour…

…à l’heure du petit déjeuner, nous recevons la visite matinale d’un curieux. Heureux présage, la nature nous envoie l’un de ses représentants, comme pour nous signifier que nous sommes les bienvenus. C’est beau, non ? Sauf que la réalité est bien plus terre à terre : une voisine a vaguement apprivoisé le bestiau !

Le geai est curieux, et celui-ci peu farouche.

Le geai est curieux, et celui-ci particulièrement peu farouche.

Cette fois-ci, nous prenons les voitures pour passer le col. Départ de Vesseaux, peu avant Aubenas, pour 45 km. Le profil est simple : ça monte pendant 25 km, puis ça ondule sur la crête finale pour descendre franchement sur la fin.
L’Ardèche est d’une richesse géologique rare. Aujourd’hui, nous démarrons sur un sol calcaire, poursuivons sur du grès, du granit, pour revenir sur du calcaire. C’est assez fabuleux pour le vtt, car les terrains varient constamment.

Les montées sont roulantes, ça nous reposera d’hier, enfin c’est ce que l’on croit de prime abord…

Petite route Ardèchoise, où l'on ne croise jamais personne.

Petite route Ardéchoise, où l’on ne croise jamais personne…

... le col de l'Escrinet par lequel nous passerons bien en vu...

… pistes roulantes et herbe verte pour la montée….

... et cailloux à gogos pour la première descente.

… et champ de mines de grès pour la première descente.

Au bout de cette descente bien remuante, on arrive en vue du château de St Michel de Boulogne, que l’on rejoint par la suite.

Pause touristique au point de vue du haut de la falaise d'escalade.

Pause touristique au point de vue du haut de la falaise d’escalade…

... et remontée au château pour une pause photo "alakon" !

… et remontée au château pour une pause photo « alakon » !

Pour la pause photo en question, vous en saurez plus à la fin de l’article.

La suite est tout aussi agréable, et on sent bien au changement d’environnement qu’on se rapproche de la montagne ; les pins et le grès ont cédé la place aux genêts et au granit.

C'est beau l'Ardèche, non ?

C’est beau l’Ardèche, non ?

Mais c’est long, beaucoup plus long que ce qu’on avait imaginé en découvrant les chiffres et le profil…
Enfin le point haut, juste avant le hameau de Gourdon à 930 m d’altitude. Puis, on dévale jusqu’au col de l’Escrinet par une piste facile et et rapide.

Le roc de Gourdon, vestige d'un ancien volcan.

Descente sous le roc de Gourdon, vestige d’un ancien volcan.

On attaque la dernière partie, celle pour laquelle nous sommes là. On va rouler en crête au dessus de la vallée qui descend à Aubenas, majoritairement sur singles, avec quelques passages techniques bien sympathiques. Enfin, on rejoint vraiment la crête au col de Valaurie, juste avant, il faut s’envoyer un petit single tout en balcon, bien végétatif (message à peine masqué aux locaux !), en léger dévers fuyant par endroits, vraiment chouette, mais qui fera pester Xavier à cause de quelques passages aériens où l’erreur de pilotage est à proscrire.
Puis, au col de Valaurie, on entre dans le vif du sujet via un court raidard bien coton, bien caillouteux.

Jeff, le sait, ça passe !

Jeff, le sait, ça passe !

... mais après, ça pousse (ou ça porte...)

Mais après, ça pousse (ou ça porte…)

Là, on profite d’un point de vue à 360°. Col de l’Escrinet, roc de Gourdon, vallée de la Louyre, falaise de Courpatas (Jeannot’s home…), St Michel de Boulogne, Aubenas, et au fond, la montagne Ardéchoise.

Guillaume, béat devant la falaise de Courpatas !

Guillaume, béat devant la falaise de Courpatas !

En bas, Vesseaux, et la fin de la crête : il en reste un peu !

Tout au fond, le roc de Gourdon et derrière, le début du plateau Ardèchois

Tout au fond, le roc de Gourdon d’où nous venons, et derrière, le début du plateau Ardéchois.

Après cette pause contemplative, nos instincts de pilotes du dimanche reprennent le dessus, il faut rouler, le sentier nous y invite expressément.

Un départ façon le Mans peut-être ? Non, encore une photo « alakon » !

Là, on entre sur une section bien descendante et bien cassante, bien belle, comme on aime quoi ! Le single est joueur et piégeur à la fois, la terre n’a pas droit de citer sur la trace. La succession de petites marches biscornues rend le pilotage exigeant et donc, attractif. Mais parfois, dans les virages, des buis taquins s’amusent à masquer le sol, il faut rester prudent.

Xavier, pilote photogénique du jour.

Xavier, pilote photogénique du jour.

La trace est belle, vraiment belle. Elle ondule au gré des variations de terrains de la crête. Parfois c’est plat, mais c’est bien quand même ! Parfois ça monte, mais c’est bien quand même ! Et quand ça descend, c’est du haut de gamme (hormis une section intermédiaire à oublier). Pour qui aime les cailloux bien entendu, mais vous connaissez mon penchant pour la chose…
Arrive la longue descente finale. Oui, vous avez bien lu, il y a une longue descente ! 5 minutes au taquet, c’est long non ? Suffisamment en tous cas pour se faire plaisir tout en se faisant brasser copieusement et arriver bien calmé en bas. Celle là, c’est un caviar ! Toujours pas de terre, mais un single rapide, du genre qui vous oblige à dire à votre cerveau : non, on ne freine pas encore !!! Il y a plusieurs options par endroits, choisir la bonne relève du coup de poker, mais ça passe partout, hormis sur une seule marche cul de sac, devant laquelle je me suis retrouvé comme un crétin bien entendu… Une succession de marchinettes à sauter si on arrive vite, ou sinon à enrouler, donne encore un peu plus de sel à cette descente.

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Amuse toi avec 2roues, trouve le vttiste !

Dernière épingle (la seule sur single du jour !)

Dernière épingle (la seule sur single du jour !)

Nous revoilà au point de départ, transformé pour l’occasion en point d’arrivée. Pas fâchés quand même, car comme je vous le laissais entrevoir tout à l’heure, nous nous sommes fait un peu berner par les chiffres. 45 km au compteur, mais la sensation d’en avoir roulé une bonne soixantaine…

Retour au bercail, heureux et fourbus, pour le réconfort du soir.

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Pleins d’amis réunis, quel pied !

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En Ardèche, les légumes sont splendides.

Notre campement nous attendra un peu plus longtemps ce soir, mais il nous reste une journée à venir. Alors, que faire ? Être raisonnable ou profiter de ces instants ? L’état de fatigue aura fait office de juge de paix pour chacun d’entre nous.

Allez zou, demain, on roule.

Allez zou, au plum’, demain, on roule.

 

Samedi, dernier jour de vtt.

Cette fois-ci, c’est plus au nord que l’on va rouler. Guillaume nous mène sur ses terres, juste à l’ouest de Valence.
La journée sera bien différente, il y a beaucoup moins de cailloux sur toute la première partie.

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Vous avez dit bucolique ?

Après une assez longue montée, la première descente tranche nettement avec tout ce qu’on a pu rouler depuis le début du séjour. C’est lisse, plein de flow, un vrai plaisir pour demi-mou (et pour tout mou aussi).
On prend bien le temps aujourd’hui, même sans se l’être dit, je pense que nous sentons tous la fin du week-end arriver trop vite…

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Vous avez dit bucolique ? (2)

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Vous avez dit bucolique ? (3)

Après une seconde descente bien rapide, on remonte un poil pour se retrouver au départ d’une classique du secteur, « la tracolette ». Toujours aussi peu de cailloux, pas mal de vitesse, et des passages bien ludiques.

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Dans la descente de la tracolette, quelques jolies petites bosses émaillent le single.

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Descente dans un bol avec une belle racine en plein sur la trace

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La racine sous la roue arrière de Tom.

Après la tracolette, une bonne jonction nous attend, par la route tout d’abord, puis par une remontée assez rude vers les crêtes du château de Crussol qui domine la ville de Valence. C’est le retour des cailloux ! Et pour un retour, c’est réussi : pour le coup, la terre fait moins la fière.
Nous naviguons sur la crête en effectif réduit, quelques phénomènes que je ne nommerais pas se sont perdus dans la montée. Pas un mal pour certains en fait, vu le passage en balcon aérien qui nous conduit au point de jonction. On repart tous ensemble.
Un passage bien tendu plus tard, on traverse le château, puis on en termine avec quelques épingles coriaces.
Fin de la journée, fin de ces 3 jours de vtt.

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Fin de séjour

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Paisible, détendu, bien quoi !

Ce quatrième rassemblement des zamis aura plus que jamais mis en évidence que le vtt n’est pas une fin en soi, mais un sacré vecteur de partage. On s’en fait la remarque à chaque fois, et, à chaque fois, on a le sentiment de progresser encore ! Parce que faire du vélo uniquement pour faire du vélo, c’est tout de même assez vain, non ?
Merci à tous, et à bientôt, on remet ça quand vous voulez.
Remerciements très spéciaux aux amis Ardéchois, en particulier à Maude et Guillaume pour nous avoir accueilli de la plus belle des manières : avec simplicité, prévenance, authenticité.

7 Commentaires

  1. Alban

    Moi aussi je suis déçu de ne pas y avoir participé ! Les photos donnent vraiment envie !

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  2. Jeff

    Quel superbe article! Le pied! L’émotion et le souvenir de ces moments parfaits, un bonheur intense. Merci à tous et en particulier à toi, Franck, qui sait si bien nous raconter notre histoire et retranscrire nos moments les plus forts.
    Bravo! J’en redemande…

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  3. Xavier

    Ce rassemblement des Zamis c’est toujours un truc spécial. Merci les copains pour ce beau moment que nous avons partagé. Et merci à toi Franck pour ton implication dans chacun de nos rendez-vous : sélection et test des traces, covoiturage, conseil sur le terrain, bières, …. Et surtout, comme un phare sur notre route, l’indispensable reportage, souvenir gravé par ta plume électronique, qui permettra à tout un chacun de vivre ou revivre ce moment.
    A la prochaine les copains !

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  4. Dédé

    Un week-end très …sobre! Bien content d’avoir partagé ce bon moment avec vous tous!
    Ah mon Francky ta prose nous y replonge et c’est bon!
    A bientôt

    Davy

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Merci Dédé, ce fut un plaisir, comme d’habitude 🙂

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  5. Pascal

    superbe!

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Oui, ben t’aurais pu venir quand même…

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