Rando-raid de les capelles – Els mes bonics corriols dels pirineus catalans*

raidVoilà deux longues années que j’attendais de pouvoir poser mes roues sur les sentiers du désormais fameux raid des chapelles.
Pourquoi ? Parce que je l’ai vécu de l’intérieur l’année dernière, la faute à un genou blessé, et que les retours des participants sur place étaient excellents.
C’est la troisième édition cette année, mais il n’aura fallu que deux ans pour que ce raid acquiert ses lettres de noblesses auprès des amoureux du vtt de montagne.
Pour être précis, le club Cami Calent Catala organise des randonnées depuis dix ans. La plus longue faisait 60 km, mais les formules raid 60 km (raid’illon) et raid 85 km (raid’hard) n’ont vu le jour qu’il y a trois ans. A kilométrage équivalent, c’est plus dur physiquement et techniquement, et la navigation se fait au GPS (balisage interdit dans la zone Canigó grand site).
On parle donc indument du raid des chapelles, alors qu’on devrait dire les raids des chapelles, à savoir pour cette année :
– le raid’illon :  69 km / 2050 m de dénivelé,
– le raid’hard : 90 km / 3300 m de dénivelé.

Pour ma part, en bon gourmand, je me suis aligné sur le raid’hard. Avec beaucoup d’incertitudes quand à mes capacités et possibilités de finir. Peu de roulage cet hiver suite à mes soucis de genou. Mais bon, j’essaie, au pire, je passerai par le couperet des portes horaires, même si je sais d’avance que j’aurai du mal à l’accepter. Quand on est tête de bois…

Voilà où nous serons demain.

Voilà où nous serons demain.

Dès le samedi, nous voilà sur place avec Jeff. Passage chez Topwheels où nous retrouvons le troisième larron de l’aventure raid’hard, Marc, qui n’est autre que mon frère. Beaucoup d’autres amis sont aussi engagés sur ce même raid, mais ils rouleront dans d’autres groupes.
Après quelques révisions de roues effectuées de main de maître par François, nous nous rendons au camping où Marc et ses acolytes bretons ont posé leurs valoches. On mange un morceau, en se triturant le ciboulot : vu la météo de merde annoncée pour le lendemain (franchement, y’a pas d’autre mot…), n’irait-on pas rouler un bout de raid aujourd’hui ? C’est d’ailleurs l’option prise par les bretons (qui rouleront aussi le lendemain finalement !).
Nous prenons le parti de penser que la météo peut se tromper. Non non, en fait elle ne « peut » pas se tromper, elle se trompe forcément. Coincé entre mer et montagnes, le secteur est sujet à de fréquents changement météorologiques, les prévisions sont plutôt aléatoires ici.
Et puis franchement, en roulant le samedi, j’aurais un peu l’impression de poignarder les organisateurs dans le dos. Ils se remuent depuis des mois pour nous offrir un bel évènement, pleins de bénévoles seront sur le pied de guerre, les autorisations administratives sont acquises pour le dimanche, les ravitos sont prêts, …
Non, c’est prévu dimanche, ce sera dimanche.
Fin d’après-midi, Jeff et moi quittons le camping pour gagner nos pénates, chez Bruno qui nous accueille avec tous les égards (et même plus, merci !), comme l’année dernière.
Après une petite soirée resto bien sympa, zou, dans les plumes !

06h15, le réveil sonne. Non, en fait il n’en a pas le temps, je suis déjà réveillé. Nous partons plus tôt que Bruno qui se lance sur le raid’illon, histoire de mettre toutes les chances de notre côté.

Vêtement de pluie sur le dos, mais content tout plein quand même.

Vêtement de pluie sur le dos, mais content tout plein quand même.

07h00, c’est parti, nous donnons les premiers coups de pédales.
Jusqu’à la chapelle Sant Ferriol, il y a 9 km plutôt soft, qui nous permettent de mettre les machines en chauffe.
La première descente se fait un peu sur des oeufs, c’est bien humide au sol, et du coup, il y a pas mal de grosses pierres déguisées en savonnettes.
Ah oui, la météo au fait ! Bien inspirée, la petite bruine du matin est assez rapidement allé voir ce qui se passait dans d’autres vallées. Et autant vous le dire tout de suite, elle nous fichera la paix (presque…) toute la journée.
Après avoir traversé/évité Céret, on entre dans une section pas bien rude, mais un peu casse patte si on n’y prend garde. Puis, se présente le premier vrai raidard, assorti d’un bon portage. Un vrai portage hein, le truc où il faut mettre son vélo sur son dos, pas un poussage de vacancier. Et bing, 400 m dans le nez en 3,7 km.

Premier portage

Poussage, portage, parfois, ça ne passe pas à vélo

Miguel, l’un des traceurs avec Oscar, le grand Sachem, nous avait prévenu : gaffe aux 35 premiers kilomètres, ils peuvent faire très mal. Nous gardons ça à l’esprit, ainsi que la fameuse maxime Italienne : « chi va piano, va sano, e va lontano ».
Bon, c’est très bien tout ça, mais en attendant, la couverture nuageuse bien basse du front ce matin, a certes cessé l’arrosage, mais ne nous laisse pas le loisir de profiter des belles montagnes Catalanes. Mais ça va se lever, on y croit.
Après la seconde descente de la journée, nous voilà sur les hauteurs d’Amélie les Bains. Là, nous nous enfonçons dans la montagne, dans la vallée du Montdony, un affluent du Tech. Pour celà, nous empruntons un sentier assez génial, qui monte et descend tout le temps, mais au final, descend plus qu’il ne monte.

Visons juste..

Visons juste…

Et puis là, en bas, ben… on remonte. Encore 300 m de D+ à s’infuser en 3,6 km ! Ces 10 « petits » kilomètres assortis de deux gros raidards étaient effectivement bien énergivores.
Une jolie cascade agrémente le paysage, que l’on commence vaguement à percevoir, les nuages s’évaporent lentement. Doit-on rêver et espérer le soleil ?

Qui dit arc en ciel, dit pluie, mais aussi soleil !

Qui dit arc en ciel, dit pluie, mais aussi soleil !

Encore une bien belle descente !
Les Pyrénées, c’est quand même dans le top 5 des destinations VTT en France. Méconnues, ou pas assez à leur juste valeur en tous cas. C’est d’ailleurs le constat de Ride in Pyrénées, qui va apporter sa modeste pierre à l’édifice afin de tenter d’y remédier !
Un petit peu de route, et voilà le village d’Arles sur Tech au bout de nos pneus. Premier ravitaillement, ouf ! Ce n’est pas forcément facile de placer un ravitaillement de manière optimale, mais il faut avouer que celui-ci s’est un peu fait attendre. Toujours est-il qu’on en profite bien, d’autant qu’on sait ce qui nous attend derrière. Les 10 kilomètres à venir vont nous faire grimper de plus de 700 mètres, quasiment d’une traite.
Et par où allons nous grimper ? Je vous le donne Emile, par la mythique descente des wagonnets. Fichtre, ça promet du velu…
Et ça l’est !

En portage dans la descente des wagonnets.

En poussage/portage dans la descente des wagonnets.

Pendant une bonne partie de la montée, nous suivons de vieux câbles qui jonchent le sol, vestiges de l’exploitation minière de Batère, fermée définitivement en 1999. Il y avait là 9 km d’installation qui permettait de descendre le minerai de fer de 1400 m à 260 m d’altitude, à Arles sur Tech.
Tout en montant, à 11h00 (la direction, pas l’heure…), moi et Marc reconnaissons la Souque, un émouvant souvenir d’enfance, très légèrement enneigée.
Une courte descente bien raide dans de la bonne terre bien meuble plus tard, et nous reprenons le cours de notre ascension de 10 km, d’abord sur piste en longeant la ribera de bonabosc, puis sur un sacré single.

Non loin du sommet, sur un sacré single.

Non loin du sommet, l’homme orange sur un sacré single.

Et vous savez quoi ? Le soleil fait des apparitions ! Qui l’aurait dit ? En tous cas, pas les météorologues…

Marc, dans la dernière partie de l'ascension, sur un fabuleux balcon, avec du soleil.

Marc, dans la dernière partie de l’ascension, sur un fabuleux balcon, avec du soleil.

Ouf, enfin le sommet.
On descend. 560 m de dénivelé négatif, avec quelques portions pas piquées de hannetons ! 5,5 km plus bas, au kilomètre 50, le second ravito nous tend les bras.
On y retrouve Xavier, bien naze, mais heureux comme tout. Ces moments où on arrive à partager les sensations de l’autre sont rares et précieux. Il ne bouclera pas le raid’hard, mais s’infusera tout de même 79 km, une belle performance personnelle. Les raids de ce genre ont aussi cette qualité : permettre de se rendre compte de ce dont on est vraiment capable.

Là, on ne traîne pas, parce que la grimpette suivante, on se doute bien qu’elle va nous faire beaucoup de mal. Elle va nous prendre du temps, c’est sur, et on ne voudrait pas rater la porte horaire à ce stade du raid.
Ce genre de montée sur piste est aussi très dure pour la tête, au moment où la fatigue commence à se faire bien sentir. Marc a beaucoup souffert, la faute à une sale hypoglycémie qui a failli lui faire lâcher prise. Les ressources pour ne pas abandonner, il est allé les chercher loin, bien loin…

Il va y arriver. Il y est arrivé.

Il va y arriver. D’ailleurs, il y est arrivé.

Mais une fois en haut, on sent que c’est presque gagné. Certes, il reste 30 bons kilomètres, mais « seulement » 750 m de dénivelé positif.
On est content de sentir que la boucle semble être bouclable. On va se le faire ce raid !

Nous traversons le village de Montbolo, souvenir personnel de l’édition 2015 où j’étais bénévole au premier ravito. C’est d’ailleurs ce qui m’a valu la plaque n°1, que je ne méritais pas bien sur, un gentil clin d’œil de l’organisation.
La suite n’est pas dénuée d’intérêt, bien au contraire. C’est moins « montagne », puisqu’on sort doucement de la vallée, mais les flancs du Tech ont encore de bien beaux sentiers à nous livrer.

Un exemple, parmi tant d'autres.

Des S comme ça, on pourrait en rêver la nuit. Un exemple de sentier trois étoiles parmi tant d’autres.

Après une descente bien variée sur les hauteurs de Palalda, on enchaine sur une autre, belle, roulante et ludique à souhait. Nous revoilà en rive droite. On remonte un poil, et on arrive au dernier ravito, accueillis comme des princes. L’ambiance y est très détendue. Nous sommes tous plus ou moins fatigués, d’émoussés à ruinés suivant les cas, mais nous savons que nous allons finir.
Le coup de pédale est de moins en moins vaillant, mais les ressources pour s’amuser en descente sont vivaces !

De retour en rive gauche, la dernière montée nous attend. Mais plus rien ne peut nous arriver. Nous revoilà à la chapelle Sant Ferriol, pour refaire la première descente du matin. Chic, elle était chouette celle là ! Et en plus, elle est sèche (malgré la bruine qui est de retour, après nous avoir foutu une paix royale toute la journée). Lorsque je dis « plus rien ne peut nous arriver », ce n’est pas franchement vrai. Même en étant vigilant, je m’en mets une belle… Je finirais quand même, non mais !
Le fond de vallée est là, et bientôt Saint Jean Pla de Corps. Cinq minutes à peine après notre arrivée, la pluie s’offre du vttiste. Il faut bien faire pousser les cerisiers de la vallée…

Nom de Zeus, quelle journée, quelle virée, quelle tannée, mais surtout, quel pied !
Je suis bien content d’avoir pu boucler ça avec Marc et Jeff, c’était un bon moment partagé ensemble. Faire un raid seul n’a, à mon sens, pas beaucoup d’intérêt.
Nos amis Catalans nous ont fait un sacré cadeau quand même, on peut cocher un paquet de cases :
☒ très beau parcours
☒ montagne splendide
☒ vrai raid (c’était duuuur)
☒ organisation bien rodée
☒ nombreux bénévoles, sympathiques, souriants, accueillants…

Bref, cet événement, c’est celui d’une équipe et de deux passions : celle d’une activité, le VTT de montagne, et celle d’un lieu, les Pyrénées Catalanes.  Leur envie de les partager est débordante, et ça se sent.
Alors bien sur, je ne connais pas les prénoms de tous les membres de l’équipe, mais je remercie chaleureusement Oscar, Miguel, Patricia, Philippe, le Breton énervé 😉 , etc…………….

Et pour l’année prochaine, il se murmure qu’une édition encore plus « montagnesque » serait dans les cartons…

Miguel « Migovix » Fernandes, vttiste et photographe averti.

... avec un final bien technique...

Oscar, grand Sachem des raids Catalans.

* Rando-raid des chapelles – les plus beaux sentiers des Pyrénées Catalanes.

6 Commentaires

  1. Jeff

    Vraiment, un superbe CR. Merci mon ami. Difficile d’ajouter quelque chose. Alrs je me tais.

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Merci. C’était bien de le partager ensemble.

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  2. Yves

    Top à faire et top à revivre.
    C’est deux fois plus de plaisir les Chapelles !
    Super merci.
    A la prochaine donc 🙂

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      L’année prochaine, sans faute !

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  3. Xavier

    Promis l’an prochain je le boucle avec vous ! Je ne vais quand même pas laisser Oscar me rattraper à chaque fois 🙂
    Merci pour ton article !

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Attention, je te prends au mot 😉

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