Tôt c’est bien, très tôt, c’est mieux.

St-guilhem-10Parfois, j’ai des envies simples.
Comme de voir le soleil se lever par exemple.
C’est donc de cela dont j’ai eu envie : un levé de soleil sur les hauteurs de St Guilhem le Désert. Parce que les levés de soleil, c’est beau, et que la montagne de St Guilhem au pic Baudille est belle.

Pratiquement, le soleil se levait à 07h43 ce matin là. Ce qui veut dire que le temps de s’élever suffisamment pour que ça vaille le coup, la bonne heure pour le départ, c’était 06h00. Petit calcul rapide pour arriver à la conclusion que le réveil devait sonner à 04h30.
Notez que que pour aller faire du VTT, c’est pas l’heure de tout le monde, faut en avoir fortement envie…
Malgré ça, je tente le coup, et annonce mes intentions sur le forum VTT34. Surprise, je ne suis pas le seul cintré du secteur ! Bertrand est partant, de même que mon cher ami Xavier.
A toutes fins utiles, je précise que le parcours prévu promet environ 45 km pour 2000 m de dénivelé. Et ces chiffres là à St Guilhem, ils font plus mal que sur beaucoup d’autres spots.
Le paramètre à ne pas négliger à cette période de l’année, c’est la météo. J’entends déjà quelques esprits chagrins me dire que ouiii, mais dans le sud il fait toujours beauuu, et puis de toutes façons vous n’allez pas vous plaindre non plus, tout ça tout ça…
Apprenez, chers amis, que le pic Baudille chatouille les 850 m d’altitude, qu’il est adossé à un Causse, et qu’à cette période de l’année, ça peut être Sibérien là haut. D’ailleurs, …
Tous les services météos annoncent des averses le matin, puis le soleil dès le milieu de matinée. Ça devrait donc bien se goupiller cette affaire là.

Bref, nous voilà tous les trois à l’heure dite, sur un petit parking au bord de l’Hérault. 8°c, la température est au poil. Le petit kilomètre de route pour rallier le village doit nous permettre de nous « échauffer ». Ce sera plus pour la tête, c’est bien trop court. Dommage, car la première montée est sévère. Nous attaquons plein nord, par la montée de l’ermitage.

La calade de la montée de l'ermitage

La calade de la montée de l’ermitage

Ancienne calade, on en retrouve certaines portions. Certaines seulement… Entre ces portions, c’est parfait pour progresser en trial ; une pratique qu’aucun de nous trois ne maîtrise. Et sapristi, que c’est raide !
C’est drôlement couvert au dessus de nos casques, pas sur que le levé de soleil soit celui que j’avais imaginé. En attendant, nous avons droit aux incandescences nocturnes du village.

Le village de Saint Guilhem

Le village de Saint Guilhem

Arrivés au cap de Ginestet, le petit col qui marque la fin de la grimpette, nos compteurs affichent 5,5 km et 530 m de dénivelé. Ça y est, on est chaud !
Mais ça ne s’est pas fait sans mal, tout ne passe pas sur le vélo.

Le poussage, le repos des cannes

Le poussage, repos des cannes pour certains, tannée pour les autres

Mais nous l’avons eu notre levé de soleil !

Pas si moche...

Pas si moche…

Comme un air d’estampe Japonaise (en vrai, c’était encore plus criant de similitude)

Comme un air d’estampe Japonaise (en vrai, c’était encore plus criant de similitude)

Petite détente de 2 km sur un profil bien plus humain, avant d’attaquer la seconde montée, celle qui doit nous mener au pic Baudille. 7 km, 400 m de dénivelé.
Ça grimpe déjà pas mal, mais le souci principal est ailleurs :
Éole nous cherche des poux dans la tête. Ça souffle fort, avec de belles rafales, dont une a bien failli me jeter au sol.
Pour ne rien arranger, l’indien local a du faire la danse de la pluie, on se fait rincer assez copieusement.
Et pour aggraver le truc, la température baisse sérieusement. Lorsque j’ai senti des picotements aux bouts des doigts, j’ai regardé la température sur mon GPS : -0,5°c. Forcément, le vent, la flotte et une température polaire (oui, on est dans le sud !), combinés ensemble, ça pique un peu.
Il y a des jours, on se demande bien ce qu’on a fait à Lucifer pour mériter ça…

Arrivés au col sans nom sous le Pioch Farrio, nous décidons d’oublier le pic. Je vous vois venir : nan nan nan, nous ne sommes pas de petites natures ! Mais quand on n’arrive plus à freiner, il faut faire quelque chose. Et au pic, 120 m plus haut, nous aurions été bien en peine de rester sur les vélos.
Qu’à cela ne tienne, la descente de Coste Vieille nous tend les bras, on ne va pas se priver.
Son gros avantage, c’est d’être à l’abri du vent.
Son gros inconvénient, c’est que trempée, c’est une savonnette. Dommage, car sèche, c’est vraiment du très très bon, enfin, pour qui aime les cailloux sans terre du tout.
Nous avons donc utilisé le peu de souplesse que nos grands âges nous ont laissée pour tenter de ressembler à autre chose qu’à des tréteaux sur des vélos !
C’était la bonne option, les rafales de vent s’atténuent, puis disparaissent.
Et puis, comme annoncé, le ciel bleu apparaît.

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Enfin, les nuages se déchirent

Un petit bout de route, un bout de single et une once de piste, et nous voilà sur le sentier du Verdus. De là, nous devons remonter jusqu’au Max Nègre. Mais avant, il nous faut passer par le chemin dit des Fenestrelles.
Les Fenestrelles, c’est avant tout un passage très esthétique, mais jugez en plutôt.

Bertrand, au début de la descente des Fenestrelles

Bertrand, au début de la descente des Fenestrelles…

Et comme en plus, l’enchainement est vraiment bon, c’est à un court, mais bon moment de VTT auquel on a droit.

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… avec Xavier à ses trousses dans les lacets de la calade

Mais nous sommes encore bien descendus… Allez zou, c’est parti pour 350 m de grimpette. Mais pas pour Xavier. A cours de forme, avec un genou douloureux, il préfère poursuivre la descente jusqu’à St Guilhem.

Bertrand a la forme d’habitude. En temps normal, je peine à le suivre, mais aujourd’hui est un jour sans. Mais il finira, c’est une tête de mule !

Bertrand, non loin du Max Nègre

Bertrand, non loin du Max Nègre

Du Max Nègre, nous allons chercher une autre très belle descente, qui nous ramène dans le lit du Verdus. Bien cassante, Bertrand l’a sentie passer avec son semi-rigide.

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Bertrand, semi-rigideur

Et en bas ? Ben on remonte pardi !
Ce coup ci, 10 km pour rallier le Roc de la Vigne, pour emprunter la descente de l’Estagnol.
Sur le papier, elle fait rêver celle là : plus de 5 km de single descendant.
Sur le terrain, en particulier aujourd’hui, c’est autre chose. En clair : un champ de mine ! Les sangliers ont tout défoncé sur une grande partie de la descente. Une longue section est inroulable. Même si nous sommes pratiquants de Vélo Tous Terrains, je crois qu’on a atteint la limite là, en tous cas, celle du plaisir. Même à pied, il faut être vigilant pour ne pas se tordre une cheville.
Bref, cette dernière descente aura été rude de chez rude.

Arrivés à la voiture, nous sommes bien rompus, mais heureux. Les éléments s’étaient presque tous donnés rendez-vous pour nous accompagner, la lumière était grandiose, les gens croisés aimables et souriants, les lieux toujours aussi enchanteurs, …
… bref, tout ça participe du fait que c’était une très belle virée au pays du pic Baudille.
Et qu’il se le tienne pour dit le sommet, nous retournerons le conquérir un autre jour.

Le pic Baudille, pour une autre fois

Le pic Baudille, pour une autre fois

Pour ceux qui ne connaissent pas du tout le secteur, voilà de quoi vous repérer, histoire que vous puissiez comprendre un peu mieux de quoi j’vous cause !

10 Commentaires

  1. dan34

    super, magnifique,belle plume et photos grandioses.

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Merci beaucoup, mais ne nous emballons pas sur les qualificatifs 😉

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  2. bertrand

    ça donne envie j’aurai du venir
    Mike

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Eh oui Mike, quel dommage… Le week-end prochain peut-être ?

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  3. Jeff

    Encore un bien beau compte rendu pour un bien bel endroit!

    Merci chef!

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  4. bertrand

    la petite chute anodine ne l’était pas finalement
    3 côtes cassées…

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Ouch!
      St Guilhem ne fait pas de cadeaux aux semi rigides on dirait.
      Bon rétablissement, et surtout, ne t’enrhume pas.

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    2. Xavier

      Tu n’as pas fait semblant 🙁
      Bon rétablissement l’ami !

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  5. stéphane M

    superbes photos et un compte rendu parfait! Je pleure presque de ma Normandie à voir ça 😉

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Si jamais tu passes dans le secteur, contacte moi, ce sera avec plaisir.

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