Chez Taupe

topwheels1Voilà un pseudo bien connu des aficionados du montage de roues artisanales. Tout du moins, de ceux qui fréquentent les forums dédiés. « Taupe », c’est François FEYT, créateur de la marque Topwheels.

Je roule avec les roues « made by Taupe » depuis plusieurs années maintenant. Vous imaginez bien que si Topwheels est partenaire de 2roues, c’est qu’il y a une raison valable.
Eh bien non, pas une raison, mais deux !
La première, c’est bien évidemment la qualité du travail de François et ses compétences. C’est bien simple, il a réponse à tout. Route, piste, VTT, alu, carbone, roulements, etc… essayez de le coller pour voir !
La seconde, c’est que François est ce que j’aime appeler « un franc du collier ». Il n’y va pas par quatre chemins, et vous dit toujours ce qu’il en est vraiment. Et ça, en cas de question et/ou souci technique, c’est très appréciable : pas de temps perdu à tergiverser, on sait toujours quelle est la (ou les) bonne(s) option(s).

J’ai donc passé une journée chez François « Taupe » Topwheels, pour une session montage de roue. J’ai en fait assisté à la journée « normale » d’un artisan monteur de roues.
Le premier travail du jour consiste à réviser une paire de roues d’enduro made by Topwheels qui a quelque peu souffert d’une saison dans les cailloux de la région. Il y a du boulot ! C’est aussi là qu’on peut apprécier le travail d’un artisan.
Un souci de jeu dans le moyeu avant est résolu par le changement d’un seul roulement, le second a droit à un lifting en règle.

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Démontage, nettoyage, re-graissage, et c’est reparti pour un tour.

Ici, pas de changement intempestif, on fait durer ce qui peut durer. A l’ère du tout jetable érigé comme modèle économique, on retrouve un peu de logique, et ça fait du bien.
Après les roulements, les jantes sont redressées d’un certain nombre de plats.
Changement de 5 rayons sur  la roue arrière, puis passage au pied de montage pour vérification des tensions, dévoilage, correction du saut et centrage.
Voilà une paire de roues bonne pour le service.
Pendant ce temps là, on guette le livreur du jour…
La seconde est une paire de roues industrielle. Et là, on s’aperçoit tout de suite qu’on a affaire à un tout autre produit, que ce soit dans la qualité des composants ou la qualité du montage.
François y passe pourtant du temps. Les têtes de rayons ne sont pas en place, les écrous ont été montés à sec. Malgré toute son attention, la jante arrière ne retrouvera pas sa rondeur d’antan. Mais la paire de roue ressort ragaillardie de l’atelier, prête à bouffer de nouveau du single !

Le temps passe vite dans un atelier… Une dernière vérification apportée à un montage récent plus tard, les roues sont emballées, le bon de transport édité, et la matinée est déjà presque terminée…

Parmi ces jantes qui attendent leur tour, deux vont bientôt quitter le rack.

Parmi ces jantes qui attendent leur tour, deux vont bientôt quitter le rack.

On grignote un morceau, tout en pestant contre ce livreur qui n’arrive pas, et zou, on s’y remet.
Montage de roues à présent.
Une paire de jantes carbone 29″ Topwheels C24, va convoler en justes noces avec un moyeu arrière Hope pro2 et un moyeu avant CarbonTi spécial Rock Shox Rs1.
Après graissage des filetages de rayons, des Sapim D-light, François sort la boîte magique.

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Écrous alignés comme à la parade.

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Il ne reste plus qu’à les attraper un par un avec un outil spécifique.

Sacré gain de temps pour le laçage des roues qui peut commencer.

Laçage.

Laçage.

Moi qui ai un seul montage de roues à mon actif, je ne peux être qu’impressionné par la rapidité de travail de François. Plus encore, il semble lacer sans réfléchir, presque d’instinct. Plus de 18 ans de métier quand même…
Je passe sur la foule de détails techniques dont il me fait part, je me suis endormi moins bête ce soir là… Et puis je ne vais tout de même pas tout vous révéler, vous lui poserez vous même vos questions, ce sera bien plus intéressant.
Une fois lacées, les roues passent sur le pied de montage pour la mise en tension.

Mise en tension des rayons.

Mise en tension des rayons.

A ce stade, François contraint les rayons au niveau des têtes, pour que ceux-ci tirent bien dans l’axe. Cela permet d’éliminer une mauvaise tension résiduelle qui ferait travailler le matériau inutilement et le fatiguerait prématurément.

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Les têtes de rayons, bien en place.

Lorsque la fin du montage approche, il faut « casser » la roue.

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« Cassage » de roue.

L’opération consiste à tordre la jante latéralement pour que les rayons et écrous se mettent bien en place. Ensuite, il faut vérifier le centrage, les tensions, bref fignoler le montage, qui touche à sa fin.

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Le sticker attend son heure.

Voilà une journée presque achevée. Je vous ai bien sur passé sous silence toutes les tracasseries administratives qu’un artisan doit gérer au quotidien…
Et vous savez quoi ? Le livreur n’est pas venu. On s’est donc consolé comme on a pu…

Le montage touche à sa fin.

On trouve toutes sortes de lubrifiants haut de gamme chez Topwheels.

Topwheels :

2 Commentaires

  1. Jeff

    Super reportage sur un bien beau métier mis en musique par un artisan au sens le plus noble! Génial!

    Devant ce niveau de maitrise, on regarde, on écoute, et on profite.

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Que d’emphase cher ami !

      Répondre

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