Merci l’ancien.

nealfurfande-6C’était cet été.
Dans le Queyras, encore.
Si vous avez parcouru les quelques récits de belles virées de cet été, vous l’avez compris, en plus d’être magnifiques, les lieux sont particulièrement adaptés à la pratique du vélo de montagne.
Et du coup, pour clore la saison, je m’en vais rajouter une autre histoire de ce pas !

Qui était donc cet ancien d’abord ?
Je ne l’ai malheureusement jamais rencontré. Je dis malheureusement, car ce ne sera plus possible, cet amoureux de la montagne est parti dans une avalanche l’hiver dernier.
Cet homme, c’est mon pote Phil qui l’a rencontré, et a eu la chance de le côtoyer. Et c’est ce brave homme a qui l’on doit cette trace. Il connaissait cet endroit de montagne comme sa poche. A pied, à vtt, à ski, il avait arpenté sa montagne de toutes les manières possibles. Pas un sentier, une crête ou un couloir ne lui étaient étrangers. C’est avec un crayon et de mémoire, qu’il avait rédigé deux ou trois topos de belles choses à faire. Il y a deux ans, j’avais retracé le parcours dont je vais vous parler maintenant.

Jeff, Marc, David et moi nous retrouvons à la sortie d’Arvieux. Nous sommes fatigués. Voilà dix jours, voire beaucoup plus pour certains que nous sillonnons les montagnes. Mais l’envie est toujours aussi mordante. Bien que la tête décide, le physique aussi son mot à dire. Dommage parfois…

Après un petit bout de route, nous rejoignons le hameau « le coin », et poursuivons vers la Chalp par la piste. De nouveau un morceau de bitume (pouah !) jusqu’à Brunissard, puis nous bifurquons vers les chalets de Clapeyto.

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Sous la falaise équipée pour l’escalade, au dessus de pré premier. (Vous le voyez l’étrange fasciés dans la paroi ?)

Le début est raide, sur la route encore. Puis, la montagne nous avale progressivement, recrache derrière nous les dernières portions de bitume, et les premiers chalets de Clapeyto apparaissent.

Après les premiers chalets, encore un peu de piste.

Après les premiers chalets, encore un peu de piste.

Et puis là, zut, flute, et re-zut, David jette l’éponge, plus de jus. Grosse déception, mais la suite me fait dire aujourd’hui qu’il a été plutôt clairvoyant sur ce coup là…
Je rejoins Marc et Jeff aux derniers chalets. Fin de la piste au bout de 8,5 km, et déjà 730 m de dénivelé positif avalé.

On fait le plein d'eau, on ne sait pas quand on en trouvera.

On fait le plein d’eau, on ne sait pas quand on en trouvera.

Petit poussage dans la prairie, et on remonte sur les vélos. Ca commence à être diablement beau.

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Tiens, Jeff à pied…

... Marc à vélo...

… Marc à vélo…

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… Jeff et Marc à vélo…

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… puis à pied.

Voilà, vous avez compris le principe : jusqu’au lac Néal, il nous faut alterner randonnée pédestre et pédalage. C’est parfait comme mode de progression, ça permet de prendre le temps de s’emplir les mirettes à raz bord.
Au lac, très beau, nous sommes à 2455 m. C’est superbe, certes, mais vttisttiquement parlant, c’est surtout le départ d’une sacrée descente de 3,5 km et presque 600 m de dénivelé.

Au début, ça navigue à flanc.

Au début, ça navigue à flanc.

Puis, ça penche.

Puis, ça penche.

Du tout bon !

Du tout bon !

La descente, vraiment belle, est en deux parties. Tout le début se déroule dans l’alpage.

Quelque part sous le lac Néal - Queyras, Alpes.

Dans l’alpage. Au « V » des deux sapins, c’est la bascule, changement de terrain.

La bascule effectuée, il y a quelques passages bien techniques juste comme il faut, ainsi qu’une section pleine de gros cailloux.
Au hameau du Cougnet, la descente est terminée. Enfin presque. Le reste, c’est de la piste sur 2 km jusqu’au Lauzet, là où ça remonte un peu. On se pose 20 minutes, histoire de manger un morceau, on refait le plein d’eau au Lauzet, et on y retourne. Mais bon sang, qu’il fait chaud ! C’est même étonnant, on a l’impression d’avoir subi une téléportation dans le sud à l’insu de notre plein gré.
Après un bout de remontée, pas bien longue, on redescend par un petit single en cours d’abandon.

Single sauvage.

Single sauvage.

Puis la descente reprend, en versant sud.

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Marc et son banshee, enroulent en souplesse.

Et là, au hameau des Martins, à 1600 m, on se retrouve dans un four. C’est étouffant. Le pire, c’est qu’on attaque une longue remontée, dont les 2,5 premiers kilomètres se déroulent en plein cagnard. Oui, il n’y a pas d’autres mots : le cagnard.
Marc manquera de se trouver mal d’ailleurs, l’entrée en sous bois lui sauvant la mise. Outre l’ombre salvatrice, il y trouve un torrent pour se rafraîchir.
On est mieux, il fait toujours chaud, mais sous les frondaisons, c’est supportable. Et là, on attaque un sentier incroyable. 1,5 km de single montant absolument sensationnel. Tous les types de terrains y sont représentés, le tracé est absolument génial, bref, on regrette juste de ne pas avoir les cannes pour lui rendre honneur comme il se doit.

Dur, mais superbe.

Dur, mais superbe.

Le même, plus haut.

Le même sentier, plus haut.

Ca doit passer sur le vélo, mais pas là...

Ca doit passer sur le vélo, mais pas ce jour là…

Arrivés sur la piste, il nous reste 200 m à prendre pour arriver au lac du Lauzet. On commence à tirer la langue, mais il faut en garder, au lac, un fameux portage nous attend de pied ferme. Mais là haut, on pourra se faire une bonne pause et se rafraichir pense-t-on…

Beau hein ?

Beau hein ?

Sauf que les taons en ont décidé autrement. Point de pause, dré dans l’pentu m’sieurs dames, et fissa !

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Au fond, les crêtes déchiquetées des crousas et des pareis.

Du lac jusqu’au col St Antoine, il n’y a « que » 1,5 km. Mais 280 m de dénivelé… Celui là, il nous aura fait bien mal tout de même. Au col, on peut enfin se poser 5 minutes et profiter des lieux ; plus de taons !

Marc arrive au col Saint Antoine.

Marc arrive au col Saint Antoine.

De là, on attaque une jolie descente, aussi longue que la montée. Ca commence par une traversée de pierrier équipé façon gros calibre, qui demande de la vigilance aux organismes fatigués. Ca se poursuit par un single d’alpage bien joueur !

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Après ça, plus de cailloux.

Au cours de cette petite descente bien jolie, on bifurque à gauche, vers les granges de Furfande, en laissant sur la droite la direction du col Garnier, point de départ d’une fabuleuse descente vers la maison du Roi.
La petite grimpette vers les granges qui nous mènera au refuge s’est faite aux forceps. La fatigue est là, c’est indéniable.
On trouve quand même le moyen de jouer (un peu) sur le single qui ondule dans l’alpage, mais chaque relance est difficile.
La pause au refuge est doublement bienvenue. D’abord parce qu’elle repose nos organismes, et ensuite parce qu’elle marque la fin des ascensions, et le début de la très longue et très belle descente vers Arvieux.
Attention les yeux, j’annonce : 9 km pour 950 m de D- !
Bon d’accord, il y a 200 m de positif à reprendre au milieu, mais quand même, ça cause, non ?
Et puis au delà des chiffres, elle est vraiment à faire celle-ci.

Au départ côté Marc pile...

Au départ côté Marc pile… (c’est laid au fond, non ?)

... et Jeff face.

… et Jeff face.

Comme d’habitude, pas d’images de la descente. Il va vraiment falloir que je me fasse violence pour m’arrêter prendre des photos un de ces jours…
Mais on s’est régalé, gavé, je suis même tombé en péchant par excès de confiance…
Et à l’arrivée, un petit 700 m de route, et la voiture est là. Enfin, le camion de David, avec David dedans, qui est revenu nous chercher (merci 🙂 ).

Sacrée journée. La fatigue accumulée et la chaleur tout de même bien exceptionnelle nous a surement rendu la tâche plus difficile qu’elle doit l’être vraiment, mais ce parcours est tout de même assez costaud du haut de ses 45 km et 2500 m de dénivelé.
Ceci dit, c’est à faire absolument, c’est indéniablement un must du coin.

Merci l’ancien, c’était bien.

2 Commentaires

  1. Jeff

    Superbe sortie, superbe CR, superbe journée, en super compagnie, que demander de plus?
    Si. Quand est-ce qu’on y retourne?

    Répondre
    1. Franck (Auteur de l'article)

      L’été prochain.

      Répondre

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