St Guilhem pour les copains

st-guilhem-jef-gui-12Quand on a des amis qui viennent de loin, on essaie de ne pas les décevoir.
Ainsi, Jeff arrivant du Var et Guillaume de la Drôme, il m’a fallu trouver du beau sur tous les tableaux. Et quoi de plus évident pour des mordus de dénivelés que d’aller poser nos roues dans les cailloux de St Guilhem ?
C’est donc là que nous sommes allés rouler, pour une virée de haute volée, bien usante, telle que St Guilhem est capable de nous en proposer.
Au passage, j’en profite pour remercier Fred, un autre alcolyte spiritueux (!) de vtt, qui nous a bien gentiment accueilli dans son gîte du Vialbe, situé à 10 minutes du saint des saints qu’est le massif du pic Baudille.

Nous voilà donc à pied d’œuvre tôt, bien trop tôt en fait… Il fait à peine jour, mais déjà, certains esprits sont bien éveillés…

Taquinerie du matin, tout va bien.

Taquinerie du matin, tout va bien.

Pour ceux qui n’auraient pas tout suivi, j’ai un peu cumulé les cascades et autres boites ces derniers temps. Mais je suis aussi de bonne humeur, donc cette bonne blague m’a bien fait rire !
Je disais donc que nous étions parti un peu tôt. Posés sur les bords de l’Hérault, nous avons rendez-vous avec Denis, un ami du secteur, à 08h15, à 15 minutes de pédale de là ; et il est 07h30.

Sur le pont du diable, juste avant...

Sur le pont du diable, juste avant…

Qu’à cela ne tienne, j’ai trouvé la solution. Il m’a suffit d’oublier mes chaussures de vélo dans la voiture, et de ne m’en rendre compte qu’un quart d’heure après. Et voilà, un aller-retour plus tard, c’est gagné, nous sommes pile à l’heure au rendez-vous ! Je l’ai toujours dit, l’organisation, c’est tout un art.
Cette fois-ci, c’est parti pour de bon.
La longue montée, dite « des plôs », rapport à la maison forestière du même nom, nous permet de faire chauffer les machines, et de profiter de la lumière naissante, jaune et contrastée à souhait.

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Denis suit Jeff, qui, pour une fois, n’est pas premier, Guillaume est devant…

Par endroits, la piste a un peu souffert des derniers épisodes cévenoles, je crains pour l’état des sentiers par la suite. Nous poursuivons notre ascension en profitant des panoramas, jusqu’à arriver au premier petit single montant.

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En allant vers la maison forestière.

Ce single donne le ton des ascensions du secteur : raides par endroits, avec surtout beaucoup de cailloux, ce qui fait qu’ici, les grimpettes sont plus énergivores qu’ailleurs.

Denis au détour d'une épingle du petit single.

Denis au détour d’une épingle du petit single.

Un petit bout de descente dégueulasse (eh oui, parfois on n’a pas le choix) nous permet de rattraper la piste bétonnée qui fait le lien entre le pied du pic Baudille et le Max Nègre, point de départ d’une descente sur St Guilhem. Nous en empruntons une courte portion, et basculons pour la première vraie descente de la journée, un haut de gamme du secteur. Haut de gamme ici veut dire exigeant techniquement et physiquement ; c’est le terrain qui l’impose.

Bientôt prêt pour prendre la pente dans le meilleur des sens.

Bientôt prêts pour prendre la pente dans le meilleur des sens.

Cette descente d’ 1,5 km qui nous mène dans le lit du verdus, le torrent de St Guilhem, fera comprendre à Guillaume ce que je lui disais depuis des lustres : ici, il y a plus de cailloux qu’ailleurs. Il en a toujours douté le bougre ! Normal, vivant dans la Drôme et roulant aussi en Ardèche, les cailloux, il connait. Mais là… Même Jeff, varois de son état, a reconnu que la concentration de cailloux du secteur est plutôt inhabituelle. Et pourquoi vous parler plutôt de Guillaume ? Parce qu’il roule en semi-rigide !!! Ce que j’ai toujours refusé de faire sur ces sentiers là, je ne suis pas inconscient moi.
Après cette bonne séance de marteau piqueur pour Guillaume, tout mélangé à l’arrivée, nous voici reparti pour le gros morceau du jour, l’ascension du pic Baudille. Denis nous quitte au pied du pic, de son propre aveu pas assez en forme pour envisager la suite sereinement.
La première partie sur piste est roulante, mais l’ascension  à proprement parler beaucoup moins. Jusqu’au petit col situé juste sous l’antenne du pic, c’est 3,3 km de single gavé de cailloux qui nous attendent. Tantôt c’est de la pierre de belle taille, bloqué et bloquante, tantôt du gravier plus ou moins grossier, bien profond, gobeur de roue, donc bien usant.
Même si nous le savions déjà, nous avons encore une preuve que Jeff navigue dans d’autres sphères que les nôtres. Alors qu’au meilleur de ma forme j’ai mis 30 minutes pour arriver au col, il lui en a seulement fallu 18. Il bat d’ailleurs le record sur Strava !

Pas de sommet pour aujourd'hui, la trace est ailleurs.

Pas de sommet pour aujourd’hui, la trace est ailleurs.

Direction le col du vent, pour aller chercher la longue descente sur Arboras, encore un must local. Mais une pause s’impose, on grignote une barre, et on repart. Et puis une seconde pause s’impose…

Merci Guillaume !

Merci Guillaume !

Après une traversée du plateau pas plate du tout (en cherchant bien, on trouve toujours de petits sentiers qui ondulent dans la forêt), et un dernier coup de rein, on attaque la descente sur Arboras. Là, on part pour 7,5 km typés enduro : c’est surtout descendant, mais ça grimpe aussi un peu (pour info, 620 m de D- pour 115 m de D+).
La première partie en forêt est toujours aussi plaisante, ludique, joueuse, avec quelques franchissements bien sympas.

Guillaume, sur un terrain encore "semi-rigide proof".

Guillaume, sur un terrain encore « semi-rigide proof », mais pas pour longtemps.

Mais la suite me déçoit beaucoup. Comme je le disais précédemment, les récents orages diluviens ont fait beaucoup de mal aux sentiers. Et en plus, les sangliers s’en sont mêlés… Bref, certaines portions de la trace sont devenus bien moins agréables, voire inroulables.
Quoi qu’il en soit, à Arboras, nous sommes bien contents quand même. Mais les 8,5 km de grimpette sur piste qui suivent seront mon calvaire. Tout est question de préférences personnelles bien sur. Moi, j’ai horreur des longues montées sur piste, où après chaque virage apparait une nouvelle bosse…
Après cette « purge », nous voilà au départ de la dernière descente de la journée. Après un petit poussage, nous démarrons sur un petit single fort sympathique, toujours gavé de cailloux, qui coupe et recoupe la piste, jusqu’à passer derrière la maison des plôs (oui oui, celle de ce matin).

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Dans la dernière et sublime descente. Photo © Jeff

Là, on attaque du très bon, tantôt en sous bois sur de la terre souple (rare !), tantôt en traversée de pierriers, pour finir dans la combe des légendes, à enchainer des passages d’épingles les roues dans du gravier bien profond.
Un style particulier, que nous n’avions pas encore eu le loisir de rouler depuis le matin ; comme ça, la sortie est complète !
Voilà, the end, après 51 km, 1800 m de dénivelé, et 6 heures de vélo. Et au bas de la descente, à 10 mètres, il y a la voiture.

Quand je vous disais que l’organisation c’est tout un art !

 


Et sinon, je testais pour la première fois de nouvelles protections qui m’ont fait très très bonne impression, en ce sens qu’elles se sont faites totalement oublier. Mais pas de crash test pour l’instant, non non, ça va suffire pour le moment ! Je vous en reparlerais dans quelques temps.

Genouillères, coudières et gants demonsaves. A voir sur http://www.demonunited.com/

Genouillères, coudières et gants demonsaves. A voir sur http://www.demonunited.com/

11 Commentaires

  1. bertrand

    encore une sortie de petit cachottier…mais j’étais au courant Xav le Toulousain avait vendu la mèche la veille

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Cachottier moi ?
      Certes non, mais peut-être un peu ours, je le concède…
      Je te préviens, toi et quelques autres la prochaine fois qu’un truc dans le genre se profile. 🙂

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  2. claude

    Belle sortie. Courageux d’avoir fait ça avec le Off (pas toi hein 😉 ) !
    J’ai jamais osé à St Guilhem… c’est pas dit qu’un jour… mais quand même ça doit tabasser!

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Le gus, il a 20 ans de moins que nous. Et vu son état dans les descentes, et même dans certaines montées, ça m’a confirmé que j’ai bien fait de ne jamais y aller avec le SR.
      Je précise que Guillaume est loin d’être manchot à vélo.

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  3. Xavier

    Encore une fois je rate l’immanquable. Est-ce que Guillaume a enfin compris que le SR c’est bien mais que le TS c’est mieux ?
    Encore un beau partage mon cher Franck, merci !

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Merci Xavier. La prochaine, tu en es, pas de blagues hein !

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      1. Xavier

        j’espère bien ! En plus je m’entraîne pour et on ne va pas fêter mon anniv’ tous les week-end non plus 🙂

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  4. Jeff

    C’était magnifique! Content d’avoir partagé ces moments de vélo avec vous les amis. Et heureux que finalement, tu n’aies pas eu besoin du petit cadeau que je t’avais apporté… Hé,hé!

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Taquin jusqu’au bout hein !
      Bien content aussi, le pic tout seul, c’est moins drôle, moins sympa, bref, ça a moins de saveur. Avec de vrais amis, une sortie comme celle là prend une toute autre ampleur.

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  5. Gérard

    Aïe aïe aïe, j’ai bien l’impression d’avoir loupé une bonne sortie 🙁
    Plus qu’à attendre la prochaine 😉

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Quand vous voulez mon cher !!!

      Répondre

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