Du neuf avec du vieux.

3lacs-abries-30Le vieux, c’est pas moi.
D’accord ?

Ceci posé, je vous explique pourquoi j’ai choisi ce titre. Dans le Queyras, il y a un truc à faire absolument, c’est la descente des 3 lacs. Parce que c’est un truc de fou pour qui aime le vtt (celui qui penche dans le bon sens), et puis que c’est beau à mourir .

NDLR : certains historiens de renom s’autorisent à penser que le proverbe « voir Naples et mourir » serait un vil détournement de « rider les 3 lacs et mourir ».

J’ai eu le bonheur d’y poser mes roues et mes yeux il y a deux ans. De Molines en Queyras, nous avions rejoint Saint Véran, le col de Chamoussière, le refuge Agnel (Aaah, quelle descente !), le col vieux, puis les 3 lacs, et retour à Molines. Le guide de l’époque, David, toujours présent, nous propose une autre option. Partir juste sous le col Agnel, descendre les 3 lacs, puis prendre le télésiège d’Abriès à deux reprises pour bouffer encore du tout bon/très beau.
Présenté comme ça, personne n’a râlé, forcément…
D’ailleurs, j’ai omis de vous présenter les non râleurs du jour. Je répare cet oubli sur le champ.

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De gauche à droite : Xavier, Gérard, David (allongé), Guillaume, et moué.

Au départ, à peine descendu de voiture, je me retourne, et que vois-je ?
Ça !

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Ça aurait plus à Samivel, non ?

Voilà une journée qui commence (encore) bien.
Nous partons aux alentours des 2800 m et c’est un poil raide. Poussage à l’échauffement donc. Mais pas bien longtemps, nous voilà sur nos vélos. Mais pas bien longtemps, nous re-voilà à pied !

Au fond à gauche, l'Italie.

Au fond à gauche, l’Italie.

Nous nous rapprochons du « vrai » point de départ, la splendide descente des 3 lacs.

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Bientôt au départ, à 2900 m.

Stitched PanoramaAvant de partir, Xavier contemple le panorama, et la première partie de la descente sur le lac Foréant.

Avant de partir, Xavier contemple le panorama, et la première partie de la descente sur le lac Foréant.

C’est parti ! 100 m plus bas, nous voilà au col vieux, avec une petite improvisation freeride dans les cailloux pour Guillaume et moi. La bonne surprise, c’est qu’entre le col et le lac Foréant, le sentier a été entièrement retracé sur le flanc gauche. Retracé, et balisé avec cordes et piquets, afin que la multitude de randonneurs n’aille plus s’éparpiller sur des zones de terrain fragile. Le petit plus, c’est que la trace est excellente, pleine de flow et bien joueuse.
En deux coups de cuillère à pot, nous voilà au lac.

Pause, encore...

Pause, encore…

... mais Gérard brûle d'en découdre avec la trace !

… mais Gérard brûle d’en découdre avec la trace !

La suite est fabuleuse, on roule des sections où ça peut aller vraiment vite, avec un choix de traces multiple. Puis, arrive le fameux et photogénique passage de la dalle.

Guillaume à l'entrée du gauche qui mène sur la dalle.

Guillaume à l’entrée du gauche qui mène sur la dalle.

Rien de difficile sur cette dalle, il faut juste que la tête suive, et si c’est le cas, c’est le grand pied à rouler !

David, dans le passage.

David, dans le passage.

La suite est du même acabit, superbe, avec quelques franchissements un peu coton sur lesquels il faut arriver concentré, y croire, et ça passe. Mais pas toujours… Gérard en fait l’amère expérience en se découpant un peu le lard, et en arrachant sa durite de tige de selle. Bloquée en position basse, il se sera fait fumer les cuissots comme jamais dans les grimpettes de la seconde partie.
Après le lac Egorgéou, c’est loin d’être fini, car l’intégrale fait 9 km, et plus de 1100 m de dénivelé.

Un peu de cailloux vu d'ici...

Un peu de cailloux vu d’ici…

... pas moins vu de là.

… pas moins vu de là.

Des papillons à la recherche d’humidité...

Des papillons à la recherche d’humidité…

... et une baignoire de rêve.

… et une baignoire de rêve.

Arrive le challenge de la calade. Il est un peu tendu celui là, car la calade a de l’âge. Comme toute vieille dame, il faut un peu de doigté et de finesse pour l’apprivoiser. Mais point trop de prudence non plus, elle nécessite de garder un peu de vitesse, car sans ça, c’est blocage de roue assuré… Et comme c’est parfois glissant, ce n’est jamais gagné d’avance. Guillaume en sait quelque chose !

Gérard, à la sortie du challenge de la calade, un bon champ de mines.

Gérard, à la sortie du challenge de la calade, un bon champ de mines.

David, avec un grand sourire "made in Queyras".

David, avec un grand sourire « made in Queyras ».

Juste après la calade, le single en forêt n’a rien à envier à certaines sections Canadienne.

Section forêt tabernacle !

Section forêt tabernacle !

Au petit pont de bois, on arrive en bas.

Fin de la descente des 3 lacs.

Fin de la descente des 3 lacs.

Cette descente est vraiment unique, ne serait-ce que par son cadre. En écrivant ça, je sais bien que je me répète, mais je pense à ceux qui l’ont découverte cet été, et qui depuis radotent comme des petits vieux !

Bien, comme le dit la formule « ça, c’est fait ». Et bien fait.
En route pour la seconde partie.
Nous arrivons à temps pour prendre le télésiège avant la fermeture. Pile poil, nous allons pouvoir manger tranquillement là haut, avant de poursuivre.

Et là, dur retour à la réalité, la côte qui tue après le repas, ça fait mal… Poussage pour tous, y compris pour Guillaume, l’avion du moment, qui s’économise fort intelligemment. Et puis, à la bifurcation, il faut prendre une trace cachée dans les hautes herbes, qui entre rapidement en forêt.

Un ponpon dans l'nez.

Un ponpon dans l’nez.

Au début d'une descente grand luxe.

Au début d’une descente grand luxe.

Eh ben mes amis, celle là, je ne suis pas près de l’oublier. Telle Hélène Grimaud (vous chercherez hein…), elle a tout pour elle. En forêt, la photo précédente parle d’elle même. Dans les traversées de prairie, regardez donc celle là.

Tchou-tchou dans les herbes folles.

Wonderful !

C’est d’une variété incroyable. Parfois, j’ai vraiment l’impression que les bergers avaient un vtt dans la tête sans le savoir.

On s'arrête pour regarder quand même.

On s’arrête pour regarder quand même.

Et hop, quelques épingles bien senties.

Et hop, quelques épingles bien senties.

Et vlan, une traversée pour un bon coup d'accélérateur.

Et vlan, une traversée pour un bon coup d’accélérateur.

Ça fait 3,5 km pour 500 m de dénivelé ce caviar. Un truc qu’un enduriste compétiteur aurait sous la main pour s’entraîner qui le rendrait barjot, et le ferait progresser sévèrement.

 Et zou, de nouvelles épingles. Et bim, un final de dingue.

Et zou, de nouvelles épingles.

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Et bim, un final de dingue.

Un truc certain, c’est que l’année prochaine, j’y retournerai.
Petite aparté technique : mon Liteville 301 fonctionne encore mieux que tout ce que j’avais imaginé et souhaité. Du coup, je n’ai plus aucuns moyens pour me justifier si je n’avance pas…
Nous reprenons le télésiège, pour cette fois ci contourner la Colette de Gilly, par une trace en courbe de niveau, dans une ambiance montagne très sympa. Mais avant ça, il y a un bon challenge en montée pour les grosses cuisses et les gros cœurs : c’est long et raide.

Belle trace, paisible.

Belle trace, paisible.

La suite part de la cabane sous roche ; une descente en prairie tout d’abord, qui plonge en forêt par la suite pour devenir assez raide. Au pont, avant Valpréveyre, on repique à gauche pour un bon portage, qui mène à un autre petit nirvana du vttiste. Ce sera la dernière descente du jour jusqu’à Abriès.
Comment ? Déjà, c’est fini ?
Déjà dit-il ? 43 km pour plus de 2700 m de dénivelé négatif, ça fait une belle journée non ? Et puis il en est resté encore des belles journées.

Merci la montagne de là bas, à bientôt.

3 Commentaires

  1. Xavier

    Le pyrénéen que je suis, pour une première alpine, en a prit plein les mirettes, les bras et les guibolles tellement ce coin est naturellement adapté à la pratique du vélo de montagne. Ce (trop) court séjour fut pour moi une révélation. Je réserve une place pour l’été prochain !
    Encore merci pour ce sympathique reportage !

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  2. 2night

    Bonsoir,

    Auriez-vous une trace gps de cette journée qui semble quasi parfaite !!!
    Merci d’avance.

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Mais avec plaisir.
      Je vous envoie ça par mail dès demain.

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