Madres de Dios !

portman2 ans.
Voilà 2 ans que je l’ai tracée celle-ci.
2 ans que, tous les étés, je me dis que cette fois ci, je vais arrêter d’en rêver, et enfin y aller, voir si oui ou non ça passe.
Ce parcours est né de deux autres tracés que je connais bien. La descente bien connue du Cami Ramader, un caviar local dont il est impossible de se lasser (ou alors, il faut consulter…).

Le gros avantage du Cami Ramader, c’est son accès inintéressant : il est du coup très peu fréquenté.
Le gros inconvénient du Cami Ramader, c’est son accès inintéressant : de la route suivie d’une piste interminable. Du coup, il est très peu fréquenté !
Bref, je cherchais une autre option, mais sans connaitre suffisamment les alentours. Jusqu’au jour où je suis allé faire le sanglier du côté du pic de Madres.
Et là, vous connaissez le truc, un petit coup sur Google Earth, les forums de randonnées, les photos aériennes, etc… C’est comme ça que j’ai aperçu une vague sente qui pourrait permettre de faire le lien entre le pic de Madres (2400 m) et le début du Cami Ramader (1550 m), pour finir à Olette à 600 m d’altitude.

trace-madres

De l’oiseau à la feuille d’érable, il faut que ça passe.

Pour être plus clair, si ça passe, cette petite sente serait la clef d’une descente de 20 km et d’environ 2000 m de dénivelé négatif cumulé. Des chiffres qui font tourner la tête, mais des chiffres réels, je ne suis pas Marseillais moi.

Voilà, avec la trace, sous cet angle, ça cause un peu plus.

Voilà, avec la trace, sous cet angle, ça cause un peu plus.

Nous avions bien fait une tentative avec Yann l’année dernière, mais sans succès.

Eh bien ça y est, j’y suis allé, enfin !

Et cette fois-ci, ça partait bien cette affaire : Benjamin, avec qui j’ai eu tant de plaisir à rouler par le passé est de la partie. Voilà un bon moment qu’on essayait de refaire un truc ensemble, ça y est ! Et sur ce projet là, ça me fait particulièrement plaisir.
Ensuite, il y a Yann, j’allais dire, forcément ! Traîner ses basques en pays Catalan sans Yann, ce serait aussi incongru qu’un poisson sans bicyclette.
Ainsi que les joyeux drilles : Athanaël et Marc avec qui j’ai déjà partagé quelques belles virées, Marc Colom, qui n’a pas été champion pour rien, Vincent, Miguel, et Philippe.

Départ à 05h30 à Ille sur Têt, c’est tôt.
Bon d’accord, très tôt. Mais il fallait ça pour être sur de passer avant les éventuels orages. Le Madres culmine à 2400 m, mais c’est surtout le sommet du secteur. Autant dire que jouer les paratonnerres avec des kilos de tôles sous les fesses n’inspire personne.
Du coup, sur une bonne idée d’Atha, avec Ben, nous avons décidé d’aller dormir au point de départ, le col de Creu. Une belle nuit à la belle étoile qui nous permet de gagner une bonne heure de sommeil.

Une altitude où la température clémente permet de dormir.

Une altitude où la température clémente permet de dormir.

J’aurais dormi si quelques insectes insomniaques n’en avaient décidé autrement, mais bon, passons…

Joli plafond de chambre à coucher, non ?

Joli plafond de chambre à coucher, non ?

07h00, Marc et Vincent sont les premiers, suivis de prêt par le reste de l’équipe.

The "Marc car"

The « Marc car »

Yann ne rate rien, et bientôt, nous partons.

Yann ne rate rien ni personne, et bientôt, nous partons.

Nous voilà sur nos vélos, impatients, frétillants, partis pour 9,5 km d’une piste roulante, perchée au dessus de la vallée. On profite d’un chouette panorama sur les lacs de Matemale et Puyvalador, la chaine du Carlit, bref, c’est déjà beau.

C'est laid, hein ?

C’est laid, hein ?

Et puis, au bout de cette piste, après être passé sous le roc Mary, il faut s’y résoudre, vient le moment du repos du vélo, autrement dit, c’est l’heure du portage.

Fin de pédalage provisoire

Fin de pédalage provisoire

Les 200 premiers mètres sont plutôt rudes, aussi, nous prenons notre temps.
Voilà bien, peut-être, la marque de cette ballade : nous avons pris notre temps, tout notre temps, et peut-être même un peu de celui de quelques autres. Mais devant la beauté des lieux, il ne pouvait guère en être autrement.

Pour certains, c'est possible...

Pour certains, c’est possible…

... pour d'autres, non.

… pour d’autres, non…

Mais peu importe, on monte dans du beau.

… mais peu importe, on monte, et c’est beau.

Dans les herbes folles, j'ai croisé une moissonneuse...

Et dans les herbes folles, j’ai croisé une moissonneuse…

... et un tractosaure !

… un tractosaure, …

... et un vttiste.

… et un vttiste.

Au bout de ces 200 mètres, arrive une énième pause discussion/contemplation où le niveau monte d’un cran.

Une vue d'un convenu...

Une vue d’un convenu…

Là, nous y sommes restés posés un moment.
Et puis nous sommes reparti, qui à pied, qui à vélo. Jusqu’au sommet, ce sera une alternance de poussage/portage/pédalage, avec de très belles sections dans chaque style.

Le sentier

Le sentier, version roulable.

La traversée qui nous mène au dernier portage avant le sommet est magique, en bonne terre battue, avec juste les cailloux qu’il faut pour donner envie de jouer. Mais quoi qu’il arrive, on y revient ; on s’arrête et on s’emplit les mirettes parce que c’est beau à tomber.

Benjamin, contemplatif.

Benjamin, contemplatif.

Dernier portage, dré dans l’pentu, et nous voilà au petit orri du sommet.
Je vais faire court : saucisson, barres amandes, isards, bons mots et marmottes.

Les derniers arrivent, Yann capture des images.

Les derniers arrivent, Yann capture des images.

Posés, à l'abri du vent.

Posés, à l’abri du vent.

Nous repartons.
Pour rejoindre le roc Negre, le voisin d’où part la loooooongue descente, il nous faut emprunter un court portage, et une petite désescalade pas difficile, mais un peu gazeuse pour certains peut-être.

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Petit raidard dans un sens…

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… puis dans l’autre.

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Les copains, ça file des coups de main.

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C’est un peu aérien, et c’est bien.

On contourne le sommet du roc Negre, et c’est parti, ça descend vers la fameuse section qui me stresse quelque peu : vais je oui ou non envoyer mes huit compères dans une galère sans nom ?
Marc s’est voulu rassurant à chaque fois que j’ai exprimé mes doutes, merci à lui.

Un parfum de victoire prémonitoire ?

Un parfum de victoire : prémonition ?

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A droite, le roc Negre et le sentier qui en descend.

C’est parti pour une section vraiment sympa, mais usante, constituée d’un Tetris de roches bloque roues. Il faut trouver son chemin, et c’est très rigolo !
On passe à côté d’une source, puis on arrive au refuge de la perdrix, c’est l’instant de vérité.

Le lac de Nohèdes, et à droite, la crête sur laquelle il faut trouver le passage.

Le lac de Nohèdes, et à droite, la crête sur laquelle il faut trouver le passage.

CA PASSE ! Habemus Single !!!

Celui là, il a laissé des traces sur les visages !

Non seulement ça passe, mais après avoir longé la crête, la bascule vers le lac de Nohèdes est particulièrement jouissive. J’entends Benjamin pousser des cris de contentement derrière moi !

Dans le fond, j’y croyais. Mais une certaine inquiétude n’avait cessé de me triturer les méninges : et si c’est une impasse, que fait-on ?

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Les mollets ont apprécié.

Finalement, la plus belle des récompenses, c’est encore (et toujours) les mines réjouies de mes comparses. Merci !

Nous quittons le lac, et après un passage bien technique en descente où il ne faut pas se louper (ça ne passe pas partout), on attaque l’ancien canal, plutôt plat, mais sympa comme tout, avec encore une vue d’enfer : la vallée de Nohèdes s’ouvre sous nos roues.
Au col de Portus, je me trompe de piste. On se retrouve au dessus de la bonne trace, sans pouvoir la rejoindre. Demi tour. Pas bien grave, nous sommes resté sur la même courbe de niveau, pas de fatigue supplémentaire.
Nous voilà au refuge de la Mouline, point de départ du Cami Ramader. D’ici, ça descend non stop jusqu’à Olette : 10 km, 900 m de dénivelé.
Sauf que la plaie du vttiste nous tombe dessus tels les criquets d’Égypte : la crevaison.

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Le xylophone du Ramader, un enchantement pour les oreilles, un enfer pour les pneus.

Je devrais dire les crevaisons, puisque j’en ai dénombré 4, peut-être 5. A moi seul, je suis responsable de la moitié…
Sansa (local joke !), pardon, sans ça, nous serions arrivés 3 bons quarts d’heure plus tôt.

Mais quel pied ce sentier, quel pied ! Avec Benjamin, dit « le zing » en ligne de mire, nous avons avionné sévère, parfois à la limite du raisonnable me concernant. J’ai parfois oublié que j’ai rendez vous cette semaine avec le chirurgien pour savoir si je peux reprendre le sport !
J’ai quand même du m’arrêter à plusieurs reprises, mon ischio-jambier droit ne tient pas encore la distance…

Bref, comme l’a dit Miguel, il y a toujours étrangement moins d’images des descentes !
Disons que là, les panoramas étaient derrière nous, et que rouler s’imposait.

Fin de partie, Olette, bar, bière. Ça se jouera en 3 temps : bière d’abord, navette pour récupérer les voitures au col de Creu ensuite, puis redescente pour la seconde bière.

Nous en avons vraiment pris plein les yeux. J’en veux pour preuve la quantité d’images récoltées par tous. Je n’ai d’ailleurs jamais illustré un article avec autant de photos.

Finalement, que dire ?
Merci peut-être.
Merci à la montagne d’être si belle.
Merci à Yann, Benjamin, Athanaël, Miguel, Marc, Marc, Vincent et Philippe. Merci pour votre enthousiasme, votre simplicité vraie, votre amour de la nature et de votre, notre belle montagne.
Parce que comme toutes ces journées là, il ne s’agissait bien sur pas que de vélo…

Mon truc en plume...

Mon truc en plume…

A lire, les comptes rendus de Yann :
1ère partie et 2ème partie

13 Commentaires

  1. Jeff

    Je suis sans voix, je n’ai pas de mots tellement c’est beau, envoûtant, presque sublime….

    Si, un seul : je VEUX y aller…

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Nous irons 🙂

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  2. David

    Topissime !!
    @+

    Répondre
    1. Franck (Auteur de l'article)

      Je t’y vois bien là dedans David 😉

      Répondre
      1. David

        Complètement, mais faudrait que t’arrives à rester assez longtemps en un seul morceau pour qu’on y arrive… :/
        J’espère VRAIMENT te voir dans 10 jours !!!
        @+

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  3. Miguel

    Arf, tout est dit.
    C’est sympa de revivre la journée à travers les yeux de Mr Franck.
    Au plaisir de partager un plan à la con … peut être assez vite 🙂

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Avec le plus grand des plaisir Miguel. Et grand merci pour tes images.

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  4. ESPINET Laurent

    Avais dis à Yann et toi que cela passait , un peu rude mais cela passe et surtout la majesté de ce paysage comme récompense des efforts fournis

    Bravo à vous TOUS

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Pour la descente, oui, nous le savions. Mais pas pour la traversée de la crête depuis le refuge de la perdrix.
      Merci !!!

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  5. djodjo

    Whoua magnifique!! Trés beaux reportage !!

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Merci ! Si c’est beau, c’est parce que les lieux sont beaux 🙂

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  6. Philippe11

    Bravo, répété ce début aout et en plus on se retrouve au bar à Olette , magique…
    A très bientôt sur les chemins

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Avec grand plaisir Philippe !

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