Ainsa avant l’orage

1396616_551001314991803_603625687_nL’orage, c’est pour bientôt.
Ainsa, village plus connu sous le nom de Zona Zero par les vttistes, va accueillir une manche des Enduro World Series, une belle consécration pour Jorge et son équipe.
Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs, et revenons à ces 3 jours paisibles que nous avons eu la chance de vivre il y a quelques temps.

Yann nous avait appelé Athanaël et moi, pour l’accompagner dans ce petit paradis du single ; il avait un reportage à faire pour O2 bikers. Je n’ai pas le souvenir d’avoir hésité une seconde…

Au départ de Perpignan, comptez 5 heures pour rejoindre Ainsa. Le village est niché au fond d’une vallée sise au sud du mont Perdu, dans le canton de Sobrabre en Aragon.
Accueillis comme des princes par Jorge Ruiz de Eguilaz, l’une des chevilles ouvrière de Zona Zero, nous nous installons au cœur du vieux village.

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La calle de Santa Cruz, ça ne s’invente pas !

Premier ride de découverte avec Jorge pour guide. Bien vu de sa part, nous tournons sur les singles non loin du village, avec une vue imprenable sur la vallée et l’imposante barre rocheuse de la Peña Montañesa.
Mais pour jouir du panorama, il faut d’abord passer par une succession de montées et descentes courtes et techniques, un vrai régal.

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Exercice en dévers à la montée, avec le mont Perdu en fond de tableau.

La première descente ne nous dépayse pas trop, c’est du caillou.

Le lac de Mediano, long d'une quarantaine de kilomètres.

Le lac de Mediano, long d’une quarantaine de kilomètres.

Ça tape et ça tourne, c’est du beau ! Mais déjà, il nous faut remonter, plus longuement, pour arriver, après quelques teigneux challenges, au fameux banc, monté à dos d’homme, et posé exactement là où il faut.

Sur le banc, face à la Peña Montañesa, tranquille...

Sur le banc, face à la Peña Montañesa, tranquille… En bas, Ainsa.

Maintenant, c’est « Partara Express », une sacrée descente, d’une variété assez exceptionnelle, où l’on peut rouler vite, mais en restant attentif aux nombreux changements de terrain.

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Une goulotte pleine d’aiguilles de pin, un régal !

Nous revoilà au village. Pour une mise en jambe, c’était parfait. L’incontournable suite d’une ballade à vélo, c’est la terrasse du bar. Et pour ça, le mois de novembre en Espagne, c’est parfait.

Una caña por favor.

Una caña por favor.

Jorge nous en dit un peu plus sur la naissance de Zona Zero. Lui et un groupe d’amis, également commerçants locaux, faisaient du vélo juste pour leur plaisir. Ils ont commencé à débroussailler pour refaire sortir de terre les sentiers disparus. Tout un patrimoine qui fichait le camp… Il leur a fallu chercher, sur les cartes, de vieilles photos aériennes, et dans la mémoire des anciens pour débusquer quelques centaines de kilomètres de sentiers oubliés.
Leur travail paye, pancartazonazero3puisqu’une vraie activité économique durable a été créée autour de cette pratique enduro, avec, comme point d’orgue et grande satisfaction pour eux, l’organisation d’une étape des EWS en 2015.

 

 

 

L’après-midi, c’est Oriol qui nous sert de guide.
Un fameux traceur cet Oriol, et un sacré pilote aussi. Les hauteurs de Boltaña, son village, il les connait comme sa poche. Le travail qu’il y a effectué est énorme. La première trace, tout du moins la longue première partie en crête, c’est sa création. C’est rapide et joueur à la fois, du pur bonheur.

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A la poursuite d’Oriol (ce ne fut pas une mince affaire….)

Grâce aux voitures, nous repartons pour la dernière de la journée. Cette fois ci, impossible de suivre le missile Oriol ! Sur cette trace, on peut rouler extrêmement vite, le terrain plutôt roulant y incite. Mais vu que le single est en forêt, que les arbres sont très proches, il est totalement exclu de se rater. Mes indexs attraperont les freins à de nombreuses reprises…
Day one is over.
Pour une première journée, c’était plus qu’engageant. Après un bon resto à l’espagnole, vite au lit, demain, on recommence !

Peña Montañesa.

Pour ce deuxième jour, le programme est simple : monter en voiture au « Collada de Ceresa » tout au nord de la Peña Montañesa, la contourner, puis la longer par l’ouest pour rejoindre Ainsa. Au total, 23 km pour 500 m de D+ et 1500 m de D-.

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Petite mise en jambe au dessus du col.

Vu l’altitude de départ, le sentier est plus sauvage, tout du moins sur les premiers kilomètres, on est à la montagne. On entre et on sort de la forêt au gré des traversées de grands pierriers qui ont taillé leur route dré dans l’pentu.

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Dans l’ombre de la Peña Montañesa.

Au col qui permet de basculer face ouest, pour longer les falaises.

Au collet qui permet de basculer face ouest, pour longer les falaises.

Elle est magique cette trace (encore me direz-vous ? Eh bien oui, qu’y peut-on, hein ?). Tantôt sauvage, demandant de l’attention, tantôt rapide (un long bout droit pris à presque 50 km/h), puis plus tard, technique et tournoyante.

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Ça tournicote dans les buis.

Après 8,5 km de sentiers, nous arrivons à Oncins, petit hameau accroché sur les flancs de la montagne. Le bar/bodega fait parti de l’association Zona Zero.

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Pause obligatoire à la Casa Ambrosio.

On repart, et on continue à s’amuser dans la caillasse, jusqu’à trouver un petit goulet bien rigolo, et bien photogénique. Enfin, avec un photographe, ça le devient…

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Joli et esthétique, non ?

... mais la réalité est parfois bien cruelle.

… mais la réalité rappelle à beaucoup d’humilité.

Reste deux collines à franchir, il faut bien les gagner ces 500 m de D+, et on arrive aux portes d’Ainsa, sur un final tout en rondeurs.

Plus de cailloux, de la marne.

Plus de cailloux, de la marne.

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Joli, très joli final.

Malgré le peu de kilomètres, on y a passé un sacré moment, parce qu’on s’est arrêté tout le temps, parfois pour jouer et refaire un passage, mais le plus souvent pour profiter de la beauté des lieux.
Plus qu’un jour, que le temps passe vite…

Coño del Mundo.

Dernier ride donc.
Après une longue montée sur piste, la pente s’inverse juste après le village abandonné de Morcat.

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Toujours ce balisage 3 étoiles, rarement vu ailleurs.

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Petit tirage de bourre avec Athanaël

Départ prudent, bonne pente sur dalles glissantes oblige, et on poursuit par une sentier toujours pentu, bien sympathique et varié qui s’enfonce en forêt. Là, on débouche dans le lit d’un gros torrent ; pour s’approcher du coño del mundo, il faut suivre le fil de l’eau. L’endroit est superbe.

Et au bout, un trou !

Et au bout, un trou !

Pour voir vraiment le coño del mundo, il faut faire le tour pour descendre 50 mètres plus bas. Pas le temps, nous reviendrons.
Nous repartons rive droite, sur un single étroit et rapide, où il faut de la vigilance, le canyon de Sieste est tout proche, et profond.
Pour finir et revenir à la voiture, eh bien ce n’est pas tout à fait fini en fait ! Ça ondule, il y a encore de quoi faire. Nous jouons donc une dernière fois, avant de rentrer à Ainsa.

Après avoir bien remercié Jorge de son accueil vraiment cordial, nous repartons.

Mais en ce qui me concerne, c’est certain, je reviendrais !

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Jorge Ruiz de Eguilaz, big boss, but cool boss !

La plupart des photos sont de Yann Kerveno.

9 Commentaires

  1. Jeff

    Encore un site exceptionnel à découvrir. Merci de nous faire envie comme ça. Maintenant, la question est : on y va quand?

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      A organiser !!!

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  2. david

    Ça me met l’eau à la bouche !!!
    @+

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Ca te plairait, c’est sur !

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  3. david

    Va vraiment falloir se pencher sur un planning 2016.
    On a tous faim de ce genre de merveille !!
    @+

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Je pense qu’il va effectivement falloir prévoir un truc en 2016 🙂
      D’ailleurs, ce qui s’annonce ce weekend devrait aussi te faire briller les yeux 😉

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  4. david

    Ahhhhh, j’ai loupé un truc ??!!
    @+

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    1. Franck (Auteur de l'article)

      Non non, juste un article que je dois publier dimanche 😉

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  5. david

    Ok, je lirai ça avec intérêt !!
    @+

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