Pic de Bacanère

Cette fois-ci, nous sommes dans les Pyrénées, tout près de Bagnères de Luchon, à 9 km nord/est à vol d’oiseau pour être précis, sur la crête Franco/Espagnole.
Et pourquoi avoir choisi celui là me direz vous ?
Oui, hein, pourquoi ?
Eh bien comme d’habitude, à cause du profil. Enfin plutôt à cause de la seconde moitié du profil.

Charmant profil, n'est-il pas ?

Charmant profil, n’est-il pas ?

Qui cracherait sur 12 km et 1550 m de descente ?
Bon, forcément, les 1550 m, il faut bien les gagner d’abord pour pouvoir les descendre ensuite. Et c’est là que c’est bien fichu, puisque dans sa grand largesse, notre amie du jour, j’ai nommé la montagne, nous octroie 18 km pour arriver au sommet.
Cette belle virée, nous la devons à Xavier. Rappelez vous de l’article du 26 novembre dernier, Off en Luchon. Il a bien eu lieu ce rassemblement Sobre, et de toutes les sorties de ce sympathique weekend, celle-ci a peut-être été la plus belle.

Départ à 600 m, à Salles et Pratviel. C’est un peu moyen au début, puisqu’il faut s’infuser du goudron. Pouah ! Les tétines collent, et c’est plutôt rude pour un échauffement, il n’en faudrait pas beaucoup plus pour nous mettre dans le rouge d’entrée de jeu. 3,5 km plus tard, nous voilà enfin sur de la terre.

Sur la piste, et dans le smog.

Sur la piste, et dans le smog.

Point de panorama pour le moment, mais nous sommes de toutes façons trop bas pour que ça vaille le coup, puisqu’encore en forêt.

Les premiers rayons de soleil percent enfin l'épaisse couche de fumée Écossaise

Les premiers rayons de soleil percent enfin l’épaisse couche de fumée Écossaise

Aux alentours du 9ème km, repos des guerriers, ça redescend légèrement. On change de versant, on repasse par l’étage smog, puis, dré dans l’pentu, on rentre dans le dur, sur du sentier qui, enfin, se sauvagifie.
Et tout à coup, nous quittons la forêt, comme si l’on sortait de l’ascenseur à l’étage montagne/prairie/panorama, là où il n’y a rien à vendre, mais tout à prendre. Les montagnes enneigées semblent s’extrairent de la couche de nuages bien accrochée au fond de la vallée, c’est magnifique.

A la sortie de la forêt, la cabane de berger est en ligne de mire.

A la sortie de la forêt, la cabane de berger est en ligne de mire.

Pause à la cabane de berger, taillage de bavette avec le berger et son chien, remplissage de mirettes, on est bien là.

Au dessus de la casquette du sympathique berger, le pic de Bacanère (totalement surexposé je vous l'accorde....)

Au dessus de la casquette du sympathique berger, le pic de Bacanère (totalement surexposé je vous l’accorde….)

C’est malheureusement ici que Xavier nous abandonne, trahi par sa condition physique. Mais quelque chose me dit que nous le ferons ensemble un jour ce pic.
Nous repartons. En temps normal, il reste environ 2 heures d’ascension, mais là, il y a la neige…

Surveillés par quelques rapaces, nous pouvons encore rouler sur l'herbe.

Surveillés par quelques rapaces, nous pouvons encore rouler sur l’herbe.

 

Ça devient compliqué...

Ça devient compliqué…

... mais c'est grandiose.

… mais c’est grandiose.

Il y a de plus en plus de neige, nous finissons par quitter le sentier, totalement invisible, pour tracer notre itinéraire, entre neige et herbe. Il y a un moment que les vélos se laissent porter.

Jeff, pas mécontent de sa condition de porteur

Jeff, pas mécontent de sa condition de porteur

Depuis que nous avons quitté la cabane du berger, le ciel est bleu, le panorama splendide, et même si ça ne roule plus, nous sommes aux anges, pris par la montagne.

Encore une petite traversée légèrement ascendante, et nous serons au pied du pic.

Encore une petite traversée légèrement ascendante, et nous serons au pied du pic.

Le voilà.
Diantre, c’est blanc. Mais on aperçoit une trace, qui nous laissent augurer de jolies marches, sans lesquelles, ce serait un peu plus compliqué.

La dernière montée pour atteindre le sommet du pic de Bacanère - 2193 m

La dernière montée pour atteindre le sommet du pic de Bacanère – 2193 m

L’escalier est raide, mais les marches sont bonnes – Photo Guillaume Calas

L’escalier est raide, mais les marches sont bonnes – Photo Guillaume Calas

Fin de l'ascension sur la crête Franco/Espagnole.

Fin de l’ascension sur la crête Franco/Espagnole.

Celle là, on ne peut s'empêcher de la faire à chaque fois.

Celle là, on ne peut s’empêcher de la faire à chaque fois.

Voilà, nous sommes sur le dôme du pic de Cabanère avec un 360° de cinémascope.
On reste un peu, histoire d’en profiter pleinement.
Et maintenant, c’est supplément cornichons pour tout le monde : 12 km de descente !!!

C'est parti, les premières glissades dans la neige sont derrière nous.

C’est parti, les premières glissades dans la neige sont derrière nous.

Comme d’habitude, en descente, je roule… Il va falloir que  je prenne le temps de m’arrêter pour faire quelques images un de ces jours… Même si ce coup là, Jeff me sauve un peu la mise (à voir en fin d’article).
Bref.
Le début de la trace suit le GR 10, et c’est très bien comme ça. Il y a moyen de rouler vraiment vite par endroits, en sautillant de gauche à droite, un coup sur la trace, un coup à côté. On s’amuse comme des mioches !
Après quelques errements neigeux, on arrive à la cabane de Peyrehitte, que l’on ne voit en fait pas vraiment à moins de bien regarder sur la gauche.
Le plus évident semble être de prendre le large chemin sur lequel le dernier single nous a déposé. Sauf que l’évidence est parfois (souvent ?) l’ennemie du bien. Aucun intérêt, c’est trop rectiligne et c’est un vrai boulevard…
Optimisation n°1 : sur la gauche, juste au dessus, après un tout petit poussage pour passer le petit dôme du Serrat de Crespès, on retrouve une jolie monotrace bien joueuse (le GR10 en fait !) qui descend jusqu’à la cabane de Saunères. Voilà 2 km de piste avantageusement remplacés.
Là, la plupart des traces GPS que l’on trouve recommandent de suivre le GR 10, qui reprend la piste large que l’on vient d’éviter : 3,6 km de descente sur piste jusqu’à Artigue ?
Pas question.
Optimisation n°2 : il faut prendre une piste herbeuse plein est, puis rapidement sud/ouest à partir de la fontaine. Et là, que du bonheur ! Un single large comme un ticket de métro, suivi d’une entrée dans la forêt un peu hasardeuse pour cause de sentier disparu, et puis de la pente à mach 2, pour finir par 1,5 km de piste jusqu’à Artigue.
Au final, depuis la cabane de Peyrehitte, on a remplacé 4,1 km de piste par du superbe sentier de montagne (2 km + 3,6 km – 1,5 km = 4,1 km. Vous suivez ?). Ça c’est de l’optimisation, sortons des sentier battus que diable !

L’entrée dans la forêt signe la fin de la haute montagne. Toute cette première partie est parfaite, il n’y a rien à jeter. Et en plus, il nous reste la seconde partie, dite « descente d’Artigue », plus connue car on peut monter en voiture jusqu’ici. Alors forcément…

Au départ d'Artigue, pente modérée et sentier bucolique.

Au départ d’Artigue, pente modérée et sentier bucolique.

Modérée au début, la pente s’accentue ensuite, et plus on avance, plus on comprend que ce n’est pas seulement à cause des navettes possibles que cette descente est connue, c’est du 3 étoiles.
Par endroit, c’est bien raide, avec de belles épingles en terre que l’on peut passer en drift, à d’autres c’est plus caillouteux, tout ça dans une forêt superbe.

Le single dans la hêtraie

Le single dans la hêtraie

Et que dire du final ? On pourrait croire que le scénariste a gardé le meilleur pour la fin. Dès que l’on a bifurqué pour repiquer plein nord, on entre dans autre chose. C’est le genre de trace qu’on rêve d’avoir derrière chez soi, celle que l’on peut parcourir 15 fois par jour, avec toujours le même sourire scotché. Une trace où l’on peut découvrir des options, des appuis nouveaux à chaque passage.

Arrivés à Salles et Pratviel, on en cause un moment de ce final d’anthologie.
Et puis on rentre à la voiture, et puis chez Xavier, et puis on refait le monde autour de quelques bières et d’un apéro digne de la journée que l’on vient de passer.
Merci pour ce moment.
🙂

Apéro de montagne : simple, sobre, de qualité.

Apéro de montagne : simple, sobre, de qualité.

 

Sympa, non ?

Sympa, non ?

Et en bonus, une caméra embarquée de la sortie par Jeff, certes un peu longue, mais qui a le mérite de vous montrer les descentes, vu que côté photos…

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